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La psychanalyse, une drole de dames au service de l’humour.
Vous voulez une histoire droles sur les banquiers ? Pour tous ceux qui cherchent à comprendre le sens des choses, et même des histoires droles, je conseille fortement la lecture de Sigmund Freud, qui avec Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient (Gallimard, Folio essais, Paris, 1988, 423 pages) sondent la question de l’humour en profondeur !
Ce que Freud appelle Witz, nous l’appellerons mot d’esprit. Il est ce qui mine les aptitudes dites humaines, tel que la pensée, la parole, le langage (les textes peuvent être droles) et la conscience. Ces facultés propres à notre espèce tracent une ligne nette entre nous, homo sapiens sapiens et le reste du règne animal. Elles sont notre orgueil. En clamant l’existence d’une instance X, déterminante, agissante et inconsciente, la psychanalyse apporte un triste bémol à nos tendances mégalomaniaques. La place de l’inconscient dans ce qui devait - théoriquement - relever de notre intellect surpuissant est évidemment une découverte désarmante. La fulgurance du mot d’esprit est la manifestation de cet inconscient. Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient montre que c’est justement là où nous nous estimons le plus que nous sommes déjoué. Avec sa théorie de l’inconscient, Freud humilie une troisième fois l’humanité, après Galilée et Darwin. Différents aspects de l’implication de l’inconscient, des techniques et intentions du mot d’esprit ainsi que le rôle de l’auditeur seront tous explorés.
La formule couramment utilisée, «faire de l’esprit», contient l’idée d’une construction et d’un travail. La naissance du mot d’esprit relève pourtant du pulsionnel. Son émergence semble surprendre aussi bien celui qui l’énonce que celui qui l’entend. Il n’y a pas dans la tête du faiseur de mot d’esprit une démarche consciente d’élaboration; il n’agence pas consciemment les mots et les pensées entre eux. Le bon mot ne séjourne pas dans un coin de la conscience jusqu’à ce que l’orateur décide, tout aussi consciemment, de le communiquer. Non, rien de tel. C’est autre chose qui parle. Ça parle. Techniques et mécanismes du mot d’esprit trahissent une force inconsciente qui assujettie la parole. L’énonciation du mot d’esprit est quasi incontrôlable, voire automatique. Quelque chose nous échappe, quelque chose a été dit. Ce que dénoncent ces jeux de langage spontanés est la présence, sinon l’existence, de l’inconscient. L’inconscient se constate par ses effets (lapsus, rêves, …). Démasqué, il réaffirme son triomphe sur la pensée consciente. Les mots et les pensées tissent tacitement entre eux des ramifications de significations.
Les armes de la conscience, l’éveil intellectuel et l’attention particulière tuent le mot d’esprit. Il y a peu de chance pour que nous riions des mots d’esprit illustrés dans un traité concernant le mot d’esprit. Par ailleurs, les mots d’esprit ne produisent leur effet (hilarant, risible, drôle, …) en général qu’une seule fois chez une même personne. Une histoire est droles que la première fois. Ces faits insolites révèlent une fois de plus l’implication de l’inconscient dans les techniques du mot d’esprit. Logiquement, nous pourrions même penser que cette expression spontanée fuyant la conscience est celle d’un affect ou même d’un désir répréhensible. Le mot d’esprit est alors un détour, détour qui est paradoxalement un raccourci emprunté pour verbaliser quelque chose.
Pour la suite de ce texte, lire l’article «Humoristique».
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