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La place des médias dans «Mississippi Burning», un film d’Alan Parker. (1988)
La façon dont sont traités les médias dans le film témoigne des tensions sociales sous-jacentes, donc d’idéologies opposées. Partout où il y a antagonisme, il y a implicitement débat idéologique. À travers ces fameux médias (pour ne pas dire fumeux) se manifestent les chevaux de bataille de systèmes idéologiques dominants du Nord et du Sud.
Première observation : les reporters, avides de sensationnalisme, viennent du Nord. Trimballant leur technologie, ils traînent aussi leur lot d’idées, de visions du monde et de focales, littéralement. Face à la caméra, les gens du Sud interviewés, dans un semblant de cinéma direct, déballent un concentré de stéréotypes immenses. Les médias projettent volontairement un portrait peu reluisant des sudistes. Ils canalisent la [dés]information dans un conduit mince et réducteur. La magie du montage obéit à un principe simple : augmenter le contraste, la division entre le mode de vie rustre du Sud et l’élitisme de leurs voisins du Nord. Ils vont même jusqu’à miser sur l’animosité des sudistes.
Les gens du Sud réagissent de façon agressive à la présence des médias : ils en ont directement contre la représentation, voire l’introspection. Ce n’est sans doute pas par hasard s’il n’y a pas l’ombre d’un journaliste sudiste. Si les médias créent les événements, s’ils les rendent existants et réels dans la tête des gens par la représentation, sans médias, il n’y pas de conscience, donc pas de disparition, meurtre non plus ni de culpabilité sociale. Une idéologie haineuse et totalitaire ne valorise pas la réflexion et la remise en question individuelle parce que c’est par ces voies qu’elle se met elle-même en échec. Les sudistes confondent trop facilement intellectualisme et idéologie du Nord. Les gens du coin perçoivent leur Mississippi comme un jardin d’Eden menacé par les perversions des villes du Nord.
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