Sur le chemin pierreux, l'homme, accablé sous le poids de sa charge avançait lentement.
Sa mule aussi chargée, sinon plus, marchait auprès de lui, la tête penchée vers le sol sec et poussiéreux.
Le village était encore loin, un arbre offrait son ombre, l'homme s'arrêta et son animal docile le suivit.
Il posa son fardeau à terre et sortit de son sac une gourde et une écuelle, il avait la gorge en feu et le dos rompu.
La mule le regardait, patiente, sachant bien qu'il allait lui verser l'eau précieuse et qu'ils boiraient ensemble jusqu'à la dernière goutte.
Dans le village, tout le monde connaissait cet homme fort et courageux, il y venait pour vendre les vêtements qu'il confectionnait lui-même.
Toute sa vie, à partir de quize ans, il avait coupé, cousu et aussi rapiécé les habits des habitants du pays et, à quarante ans, il allait de ville en village proposer ses services.
Aujourd'hui, c'est son dernier trajet à pied, la semaine prochaine il viendra avec une carriole et sa peine se verra quelque peu récompensée.
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