Les spécialistes de Molière ont souvent répété que dans le personnage, qui est le héros de la pièce qui a pour titre Le Misanthrope, il s'était peint en réalité lui-même. On ne s'attendrait pourtant pas à ce que le plus grand auteur comique de toute l'histoire du théâtre français ait été au fond de lui ce personnage atrabilaire et qui fuit le monde qu'est Alceste. Et pourtant… Ne dit-on pas souvent que le comique se nourrit d'une façon noire et pessimiste de voir le monde ? Ou encore que l'humour est la politesse du désespoir ? Or, la vie personnelle de Molière fut loin d'être un tapis de roses, au milieu des intrigues et des cabales des compagnies de théâtre concurrentes, de la difficulté qu'il y a à gérer une troupe, etc. Alors, il n'est pas impossible après tout que ce soit à une forme de misanthropie que nous devons L'Avare, Le Malade imaginaire ou Dom Juan.
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